LE BLOG DE FANFG

antisèche tranquille des arts plastiques

15 mai 2008

L'ART OFFICIEL

L'art Officiel

En Europe, entre 1830 et la fin du siècle, la politique de patronage exercée par l'état, la hiérarchie ecclésiastique et la bourgeoisie, portent à l'apogée, la fresque murale décorative, l'institution de l'académie soutient la peinture d'histoire, allégorique, mythologique et les genres picturaux. Les lieux voués au « grand art » vont du palais public aux musées, de l'église au théâtre, des mairies aux intérieurs bourgeois et présentés comme symbole du pouvoir, attestant le statut social de la famille. A Paris, les tableaux présentés aux « salons » annuels étaient soumis à l'examen sévère d'un jury dont les propos étaient de maintenir la suprématie des règles académiques, c'est pourquoi, Napoléon III créa en 1863, le « salon des refusés » et, de ce fait, se divertir aux dépens des oeuvres représentées. Dans la seconde moitié du XlXe siècle, les artistes académiques (peintres, sculpteurs ou décorateurs étaient appelés péjorativement  « Pompiers » à cause justement de leur facture académique. La définition ambiguë, renvoie, soit à des idées pompeuses et ampoulées, soit par exemple, en peinture, aux héros de Jacques Louis David souvent représentés nus avec un casque à cimier (genre casque des soldats du feu). Leur peinture célébrait, avec l'état d'esprit du « trompe-l'œil », la perfection du trait, le souci du détail, la représentation idéale de l'anatomie sans caractère individuel. L'art pompier dénigré pendant longtemps eut un retour en vogue dans les années 1920 par le biais du « mouvement surréaliste » Salvador Dali exprimera son admiration pour J. L. Ernest Meissonier, le considérant comme un surréaliste de par son écriture picturale fantasmagorique. A notre époque, l'art pompier survit dans la bande dessinée qui a récupéré toutes ses caractéristiques, tant sur le plan des recherches historiques, tant sur le plan de la mise en place des décors et le soin apporté au dessin, aux couleurs, avec souvent un pathétisme théâtral.

J.L.ERNEST MEISSONIER (1815/1891) né à Lyon mort à Paris, fut l'élève de Léon Cogniet et eut pour maître Edouard Detaille. Il débute sa carrière en se consacrant à l'illustration de livres pour l'éditeur Curmer, où il découvre son aisance et son goût à camper les petites scènes de genre romancées, qui plus tard, allaient faire son succès de peintre. Il n'aimait guère les grands formats et contrairement à certains peintres du style « pompier », les personnages de ses tableaux sont naturels de vérité, ils vivent !! Il sera un peintre de passion pour le cheval et les personnages en costume militaire. Très célèbre, il avait une cote très élevée et se fit alors, construire boulevard Malesherbes, un hôtel particulier somptueux de style « Renaissance », mais celui-ci sera détruit peu de temps après sa mort. A sa mort, l'événement prit une dimension internationale, car il était de « l'Institut » (1861) et « grande croix » de la « légion d'honneur » depuis 1889.

« Campagne de France » 1814 huile/bois 51 x 76cm Musée d'Orsay, Paris

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ALEXANDRE CABANEL (1823/1889) né à Montpellier, mort à Paris. Il monte à Paris pour s'inscrire aux beaux-arts, à l'atelier Picot, grâce à l'obtention d'une bourse de sa ville natale. A 21ans, six ans plus tard, il obtient le prix de Rome avec « Jésus au prétoire ». Après cinq années passées en Italie, il est obligé de rentrer en France pour raison familiale et, sans le sou, il remonte à Paris, exécutant des portraits pour arriver à vivre. Il retourne à l'école des beaux-arts, et, en 1858, il décore l'Hôtel Pereire avec « les cinq sens » et les « les heures » qui enchanteront l'écrivain Théophile Gauthier. En 1863, la « naissance de vénus » est achetée quarante mille francs par l'Empereur Napoléon III, et la même année, il sera fait chevalier de la « légion d'honneur » et rentre à « l'Institut » à 40ans. Professeur de l'école des«beaux-arts, il est adoré de ses élèves dont il suit et protège les carrières. Sa notoriété en fait rêver plus d'un, dessinateur raffiné, d'une sensibilité savoureuse dans les couleurs, sa mort, prend une importance nationale et son corps embaumé sera enterré à Montmartre.

« La naissance de vénus » 1863 huile/toile 130 x 225cm  Musée d'Orsay, Paris.

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JEAN-LEON GEROME (1824/1904) né à Vesoul mort à Paris, doué pour le dessin dès son plus jeune âge, il reçoit les conseils de Claude Basile Cariage, et, grâce à lui, il commence à peindre avec sa 1ère boite de couleurs ramenée par son père, en copiant un tableau animalier de Décamps. Il monte à Paris, étudie chez Delaroche où il rencontre Hamonet Picou et formeront le groupe des « néo grecs ». Il travaille au « Louvre », mais le décès accidentel d'un étudiant, oblige Delaroche à fermer son atelier. De ce fait, Gérôme partira en Italie durant un an, avec Delaroche et Damery, où il y puisera une documentation dessinée de personnages typés pour ses futurs tableaux. Après son échec au prix de Rome, en 1846, il exposera avec réticence « Jeunes grecs faisant battre des coqs » (tableau dans lequel on retrouve l'influence de son professeur académique Charles Gleyre). Il aura finalement un énorme succès au « Salon» de 1847 avec l'obtention d'une médaille de 3ème classe. En 1856, il commence à voyager en Orient et séjournera plusieurs mois en Egypte dont il rapportera des sujets orientalistes qui seront exposés au « Salon » de 1857. En 1861, il achète sa maison de Coulevon près de Vesoul qui existe toujours avec l'atelier de l'artiste. En 1863, il épouse Marie Goupil, fille du marchand de tableaux et sera désormais en contact avec la clientèle américaine, qui fera avancer sa carrière considérablement. En1864, il est nommé professeur à l’école des beaux arts et aura, en 40ans d'enseignement quelques 2000 élèves!!! Elu à « l'Institut » en 1865, il sera nommé commandeur de la légion d'honneur en 1898. Infatigable voyageur, il repartira en 1868 en Egypte, Palestine, Syrie, puis en 1874 en Algérie, Turquie. En 1873, il commence la sculpture qui allait le passionner jusqu'à sa mort telle « Les gladiateurs combattants » et «  Tanagra » 1890. Il peindra jusqu'à la fin de sa vie en 1904 et sera enterré au cimetière de Montmartre. Réactionnaire (il s'opposa à Manet et Caillebotte) il deviendra, de par son style, le symbole type de l'esprit « pompier » dans le sens même péjoratif, c'est à dire un conventionnel éteint !

« Jeunes grecs faisant battre des coqs »  1846 huile/toile 143x 204cm  Musée d'Orsay, Paris

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