31 mai 2008
L'ECOLE DE PONT AVEN
L'Ecole de Pont-Aven
Naissance du Synthétisme
Pont-Aven, bourgade du Finistère, charmant village fréquenté depuis 1873 par les artistes, attirés par le charme archaïque de cet endroit et l'auberge de Marie-Jeanne Gloanec. Paul Gauguin y trouva la révélation de son art et donna son nom à cette « Ecole» créée autour de lui. Il fit un 1er séjour solitaire en 1886, avec une prise de contact sans portée immédiate puis il eut une 1ère entrevue plutôt froide avec Emile Bernard (1868/1941) jeune peintre ouvert, cultivé et passionné par la région et qui avait élaboré avec Anquetin, le « Cloisonnisme ». Le 2ème séjour, de Février à Octobre 1888 sera décisif, Gauguin s'installe à la pension Gloanec et sera reconnu aussitôt comme chef de file. Dans la petite salle de l'auberge, se groupent les disciples entraînés par Gauguin et ses recherches (Charles Laval, Henri de Chamaillard, Moret, Maxime Maufra, Jourdan, Grouchi-Taylor, le suisse Cuno Amiet, l'américain O'Connor etc..). La grande salle est réservée aux élèves des Beaux-Arts et aux peintres orthodoxes, puis, arrivent De Saint Briac avec sa soeur Madeleine qui sera la muse mystique de Pont-Aven, et enfin, Emile Bernard, avec lequel Gauguin aura de fructueux échanges et précipitera l'évolution technique. Gauguin exécute « La vision après le sermon » qui marque le départ du « Cloisonnisme » (à la manière des vitraux) et du « Synthétisme » (procédé simplificateur qui oblige à travailler de mémoire en éliminant les détails pour ne garder que la forme essentielle du sujet. Seul, le génie de Gauguin saura tirer de ses procédés, des chefs -d'oeuvres et une version originale !!
En septembre, Paul Sérusier, massier des petits ateliers de l’Académie Julian en séjour à Pont-Aven se présente à Gauguin et peint sous sa direction le célèbre « paysage de bois d’amour » avec sa palette de couleurs pures. Il le rapporte triomphalement à ses camarades, les futurs « Nabis » comme talisman de la doctrine nouvelle, renforcée par la 1ère exposition publique du groupe de Pont-Aven (Bernard, Laval, Anquetin, Schuffenecker etc..) au café Volpini, place du champ de Mars, à Paris l'enceinte de l'Exposition Universelle de 1889.
Elle portait le nom d' « Exposition de Peinture du Groupe Impressionniste et Synthétique » où l’on pouvait y voir 17 toiles de Gauguin, 23 d'Emile Bernard et des oeuvres d'autres artistes, toutes entourées de baguettes blanches, ce qui fit sensation.
Gauguin voyageait, et, de retour à Pont-Aven en Avril 1889, il fut exaspéré par l'afflux de peintres et de touristes !!
En Octobre, il gagne le hameau voisin, le Pouldu et s'installe dans une auberge isolée tenue par Mlle Marie Henry. Il y résidera du 2/10/1889 au 7/11/1890 avec Meyer de Haan, un hollandais, son disciple le plus doué. Charles Filliger le rejoint en Juillet 1890 et Laval, Sérusier, Seguin y passent tour à tour une partie de l'été ainsi que Moret et Maufra,
De Chamaillard et Jourdan viennent lui souvent rendre visite, ce qui fait que, peintures, fresques, dessins, céramiques, lithographies, sculptures décoreront la petite auberge toute entière et, finalement il serait plus juste de parler de « l'Ecole de Pouldu » que de « l'Ecole de Pont-Aven » puisque c'est dans ce lieu que Gauguin fut en possession de son style et que ses disciples furent les plus féconds. Mais le prestige du groupe ne tenait qu'à Gauguin, et, lorsque celui-ci partit à Tahiti en 1891, ce groupe ne survécut guère malgré les efforts de Sérusier pour le reconstituer, seuls, resteront fidèles Charles Filliger et Armand Seguin (1869/1903) qui préfacera l'exposition de Gauguin en 1895 chez le Barc de Bouteville.
PAUL GAUGUIN (1848/1903) né à Paris, mort à Fatu-Iwa aux îles marquises. Il a trois ans lorsque le coup d'Etat de Louis-Napoléon III obligea ses parents en 1851 à s'expatrier au Pérou, et, son père, journaliste républicain, meurt lors de la traversée. Avec sa mère, issue d'une famille péruvienne noble, il s'installe à Lima chez un oncle où il passera une enfance heureuse, puis, sa mère revient en France, elle sera recueillie à Orléans avec son fils Paul par Isidore Gauguin, son beau-frère. Le petit Paul (7ans) fait ses classes dans une institution religieuse de la ville, puis il s'engagera comme élève officier dans la marine marchande, et, de retour en France, il travaillera à partir de 1871 chez un agent de change, il devient alors un employé sérieux, il gagne de l'argent, le dépense à bon escient, épouse une jeune danoise, qui croyait à un avenir heureux et sécurisant !! Mais le vrai Paul Gauguin aspirait à autre chose, il se lie alors, avec Emile Schuffenecker, employé de banque comme lui et peintre à ses heures de loisirs. Comme lui, il s'initie à la peinture, achète des toiles d'Impressionnistes et se lie d'amitié avec Pissarro qui l'encourage à devenir peintre et sculpteur. En peu de temps, il réussit à faire admettre un de ses paysages au « Salon officiel » puis expose avec les impressionnistes de 1879 à 1886. Il décide alors de se consacrer totalement à la peinture et sculpture. Ce sera lors de séjours en Bretagne qu'il trouvera les premières réponses à son besoin de changement. Il deviendra chef de file de « l'Ecole de Pont-Aven » où il peindra des tableaux de plus en plus libres, colorés et imaginatifs à partir de la réalité bretonne, avec ce qu'il y a de rude, d'essentiel et de primitif. Ses couleurs sont volontairement éloignées de la réalité, posées par larges touches et les formes cernées d'une fine ligne bleue qui fera penser à la technique du vitrail, ainsi naît le cloisonnisme .Mais Gauguin veut quitter l'Occident qu'il juge pourri par la civilisation industrielle, il rend alors, visite à son ami Vincent Van Gogh à Arles et organise une vente publique de ses tableaux qui lui permet de partir pour Tahiti en 1891. Désormais, Il peint avec une liberté totale dans la composition où la perspective est abandonnée, où les formes sont simplifiées et ce nouveau style sera appelé « synthétisme » !!
En 1893, sans argent, il rentre en France où l'attendait un héritage d'une dizaine de milliers de francs laissé par son oncle Isidore Gauguin et cherche sans succès à faire connaître ses dernières œuvres. Une exposition sera organisée chez Durand-Ruel le 4/11/1893 sur l'instigation de Degas, mais celle-ci sera un fiasco. Déçu et malade, il repart deux ans plus tard pour Tahiti, laissant femme et enfant, ainsi que les marchands qui spéculent sur ses œuvres. Las des souffrances physiques et morales, en 1897, avant sa tentative de suicide, il réalise un grand tableau « D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? »qui reflète bien sa volonté de peindre en totale liberté. En 1901, Gauguin exténué de privation, malade du coeur et de la syphilis, il s'installe dans une des îles des Marquises, vit comme les marquisiens et ne peint plus que pour son plaisir, il rédigea peu avant sa mort « Avant après » le roman de sa vie ! Une exposition sera organisée après sa mort où de nombreux artistes parisiens lui rendront hommage. Picasso et Matisse se sentiront emportés par la force brutale du dessin et de la couleur de ses tableaux. Son oeuvre reflète les préoccupations du « Symbolisme » et du « Synthétisme » et de ce fait, elle rompt avec l’ « Impressionnisme » !!
Gauguin aura fortement influencé les « Nabis », les « Fauves » et les « Expressionnistes » !!
Convaincu qu'un tableau ne doit pas être un ensemble de sensations mais l'expression d'une idée, la forme réintègre le rythme d'une composition absolument unique dans ses relations avec la réalité et les éléments naturels !!!
« La vision après le sermon » 1888 huile/toile 73x92cm National Gallery of Scotland, Edimbourg
« Ta matete » (le marché) 1892 huile/toile 73 x 93cm Kunstmuseum, Bâle
« D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? » 1897 huile/toile Museum of Fine Arts, Boston
30 mai 2008
EXPO SOPHIE CALLE A LA BNF PARIS
Prenez soin de vous / Sophie Calle
Site Richelieu / Salle Labrouste BNF
26 mars 2008 - 15 juin 2008
Les mardi, mercredi, vendredi et samedi, de 10h à 20h
Le jeudi, de 10h à 22h
Le dimanche, de 12h à 20h
Fermée le lundi et le 1er mai.
tarif plein : 7.00 euros Sophie Calle, artiste plasticienne, photographe, écrivaine et réalisatrice française fait, depuis plus de trente ans, de sa vie, notamment des moments les plus intimes, son œuvre, en utilisant tous les supports possibles : livres, photos, vidéos, films, performances…, inventant des procédés pour raconter sa vie, et finalement aussi celle des autres. Sophie Calle dévoile, entre performances et romans, une démarche narrative où se mêlent fétichisme, représentation et voyeurisme. Le Centre Pompidou lui rend hommage en lui consacrant une rétrospective en 2003. En 2007, elle publie Prenez soin de vous, un roman construit autour d’une lettre de rupture, dont elle est la destinataire. Sophie Calle a demandé à 107 femmes d’interpréter ce court texte. « J’ai reçu un mail de rupture. Je n’ai pas su répondre. C’était comme s’il ne m’était pas destiné. Il se terminait par ces mots : Prenez soin de vous. J’ai pris cette recommandation au pied de la lettre. J’ai demandé à cent sept femmes – dont une à plumes et deux en bois –, choisies pour leur métier, leur talent, d’interpréter la lettre sous un angle professionnel. L’analyser, la commenter, la jouer, la danser, la chanter. La disséquer, l’épuiser. Comprendre pour moi. Parler à ma place. Une façon de prendre le temps de rompre. A mon rythme. Prendre soin de moi. » Présentée à la Biennale de Venise 2007, l’œuvre fait l’objet d’un bel ouvrage édité par Actes Sud dans lequel se succèdent photographies, textes, interventions ainsi que performances et clips dans les quatre DVD qui l’accompagnent. C’est la réédition de la manifestation de la Biennale de Venise qui est proposée au public dans la prestigieuse Salle Labrouste, site Richelieu.
tarif réduit : 5.00 euros
billet couplé Daumier / Prenez soin de vous : 10 euros
Mise en scène : Daniel Buren
29 mai 2008
RECREATION!!!!!!!!!!
legenie : Cliquez et lisez
Leçons_de_1_:Cliquez er lisez
28 mai 2008
POST-IMPRESSIONNISME En SCULPTURE
En SCULPTURE
AUGUSTE RODIN (1840/1917) né à Paris, mort à Meudon, il entre à l'âge de 14ans à « l'Ecole Impériale »de dessin et il y découvre l'importance de la lumière naturelle pour mettre les formes et lui fera dire plus tard : « la sculpture est un art de plein air ». Conscient de ses lacunes artistiques, il se rend souvent au Louvre pour copier les antiques, va à la Manufacture des Gobelins pour dessiner d'après le modèle vivant, mais sera refusé par l'école des Beaux-Arts. En 1864, il commence à travailler dans l'atelier du célèbre Carrier-Belleuse et la même année, il présente au « Salon » le buste de « l’homme au nez cassé » mais celui-ci sera refusé.
Il continuera son apprentissage en travaillant pour diverses entreprises à la décoration de bâtiments parisiens. Il rencontre Rose Beuret qui restera sa compagne, épouse fidèle et dévouée, puis, en 1870, lorsque la guerre éclate avec la Prusse, sans ressources, il se rend à Bruxelles travailler avec Carrier-Belleuse et exposera pour la 1ère fois.
Il découvre Rubens et les cathédrales mais sera tenté par l'Italie où il contemplera enfin, à Florence, ma sculpture de Michel-Ange. De retour à Bruxelles, il prépare l'oeuvre qu'il va présenter à Paris, au « Salon »de 1877, « L’âge d’airain », hélas, il fera scandale de part sa trop proche réalité avec le modèle.
En 1880, il reçoit pour le futur Musée des Arts décoratifs la commande d'une porte monumentale ornée de bas-reliefs représentant « La Divine Comédie » de Dante, qui se nommera « La porte de l’enfer » mais cette oeuvre jamais achevée occupera son esprit jusqu'à sa mort !!
Il réalisera plusieurs monuments publics dont « les Bourgeois de Calais ». Les années 1890 lui apportent enfin, les honneurs officiels et le succès. En 1895, Rodin, incapable de se plier à une discipline, imposera sa vision personnelle du sujet à traiter.
Lors de l'Exposition universelle de 1900, il présentera 168 plâtres, bronze et marbres, et aura un immense succès. Aussi, pour réaliser ses nombreuses commandes, il emploiera de jeunes sculpteurs comme Antoine Bourdelle, et Camille Claudel. En 1917, à la veille de sa mort, il fera don à l'Etat français de toute son œuvre.
« La porte de l’enfer » commandé en 1880 (modèle en plâtre de 1917)
« Le penseur » 1880 : sujet faisant parti de « la porte de l’enfer » bronze
« Les bourgeois de Calais »1884/86 (groupe présenté en 1895) bronze
« Le baiser » (groupe devant faire parti de « la porte de l’enfer ») 1888/1898 marbre H 183,6cm
Musée Rodin, Paris
27 mai 2008
L'ART POST-IMPRESSIONNISME
L'art Post-Impressionnisme
Si 'l'âge d'or de l'impressionnisme dura environ 15 ans, l'ensemble des courants artistiques durant une période allant de 1885à 1905 divergeront de l'impressionnisme ou s'opposeront à lui.
HENRI de TOULOUSE LAUTREC (1864/1901) né à Albi, d'une famille aristocrate, au château de Malromé. Passionné par les chevaux, un accident de cheval lui brisa les jambes et arrêta sa croissance. Il commence à dessiner très tôt (sur les marges de ses cahiers) et sur les conseils du peintre animalier René Princeteau, ami de son père, se met à la peinture et découvre un moyen d'expression. Sa disgrâce ne le gênera en aucun cas même s'il affectera toujours de se conduire en homme normal. Il sera autorisé par sa mère qui dirige ses études à suivre une formation de peintre. En 1882, il s'installe à Paris dans un atelier rue Montmartre et travaille quelques temps dans l'atelier de Princeteau, puis tente les Beaux-Arts, fréquente l'atelier des peintres académiques tels Bonnat et Cormon, avec qui il travaillera par intermittences jusqu'en 1887, il y rencontre Anquetin, Van Gogh, il se lie d'amitié avec Emile Bernard, défenseur de Cézanne et plus tard de Van Gogh, mais il s'inspire plus de la réalité et même s'il est attiré par les impressionnistes ou par Pissarro, ce sera les œuvres de Degas qui l'influenceront. Il donne énormément d'importance au dessin et aime à reprendre les mêmes thèmes. Habitué assidu des cabarets parisiens, surtout le Mirliton tenu par Aristide Bruant (dont il illustre ses fameuses chansons) on le verra au Chat-Noir, au Rat-Mort, le Divan japonais, le Moulin de la Galette et surtout le Moulin-Rouge inauguré en 1889 ! C'est alors qu'il s'y rend tous les soirs et peint en 1890, le « Dressage des nouvelles par Valentin le désossé » et l'année suivante, il sera chargé de créer l'affiche pour la prochaine saison. Il réalise alors « Au Moulin-Rouge : la Goulue ».
Celle-ci orna les murs de Paris et fit sensation par son originalité et sa mise en page insolite et la simplicité de son message, elle sera la 1ère affiche moderne ! Lautrec, de par son infirmité, aima fréquenter les prostituées et il se plaira à les dessiner, les peindre dans leur intimité. Dessinateur remarquable, expressionniste inavoué, il s'exprimera par un trait corrosif, des couleurs simples mais violentes, un contenu mordant et caustique. Il transformera avec un plaisir presque sadique les portraits de ses amies et des grandes stars de l'époque telles Jane Avril, Yvette Guilbert du Moulin Rouge. Seule, la figure humaine compte pour lui. Il adorait réaliser des portraits. Lors de son exposition à la galerie Manzi-Joyant en 1896, soucieux de ne provoquer aucun scandale toiles se rapportant surtout au monde des prostituées, l'atmosphère des maisons closes), il ne les faisait visiter qu'à ceux qui le demandaient (il avait conservé la clef de la galerie) mais désormais, ces œuvres figurent presque toutes au Musée d'Albi. Vers 1899, il se détruit totalement par l'excès de boisson, il se fait interner en maison de santé durant plusieurs mois mais il recommence à boire, fréquente à nouveau les lieux qui lui sied mais devenu paralytique, il retourne au château familial pour y mourir en 1901 à l'âge de 37ans. Il aura influencé de nombreux artistes, dont les « Nabis » par sa technique (peinture à l'essence sur carton rehaussée de gouache claire et l'emploi des couleurs vives). La virtuosité de ses dessins fait l'admiration des « Fauves » et des « Expressionnistes ».
« Le comte Alphonse de Toulouse-Lautrec en fauconnier » 1881 huile/bois 23 x 14cm
« Au salon de la rue des Moulins » 1894 huile/toile 11 x 132cm Musée d'Albi, Albi
« La danse au Moulin-Rouge (décor de la baraque à la foire du trône de la Goulue » 1895 huile/toile 298 x 316cm Musée d'Orsay, Paris
« En cabinet particulier (Au rat mort) 1899 huile/toile 54x 45cm Courtauld Institute of Art, Londres
VINCENT VAN GOGH (1853/1890) né à Groot-Zundert dans le Brabant, mort à Auvers sur Oise, d’origine hollandaise, d'une famille protestante, où deux de ses oncles étaient négociants en tableaux, ce qui lui permettra de débuter vers l'âge de 16 ans comme vendeur de tableaux dans la galerie Goupil à la Haye. Quatre ans plus tard, ses patrons l'envoient à Londres au service de leur succursale anglaise, et, éconduit par la fille de sa logeuse qu'il voulait épouser, il revient travailler pour la galerie mère à Paris, en 1875. Van Gogh est aussitôt emporté par le mouvement des idées dont Paris est le centre, il lit, il visite les musées, mais subit l'influence des romanciers humanitaires et se tourne vers la souffrance des hommes. La Bible devient son principal stimulant, l'appel de la religion s'élève en lui, et, quittant Goupil, il revient en Angleterre, se place auprès d'un révérend et devient professeur chez un méthodiste. Il postule pour un poste d'évangéliste mais sa demande est rejetée. Il retourne donc chez ses parents, travaille quatre mois, en 1877 comme commis en librairie, hélas, il est incapable de mener une existence stable et régulière. En 1878, pourvu de sa vocation religieuse, il essaie l'examen d'entrée au séminaire, mais renonce 14 mois de labeur acharné, son père l'inscrit alors à l'école Evangéliste de Bruxelles mais en d~ 1878, Vincent part, sans attendre sa nomination pour le Borinage Belge. Il veut prêcher pour les mineurs de cette région pauvre, il partage leur misère, joue les apôtres, mais c'est encore un étonne et inquiète et sera contraint d'abandonner en juillet 1879. Alors commence pour lui des mois d'errance et de détresse, aussi, il prend la décision de se consacrer désormais uniquement à la peinture, de ce fait, en 1880, il se rend à Bruxelles où il étudie le dessin, exécute des copies d'après Millet, puis d'Avril à Décembre 1881, il retourne chez ses parents, et, encore une fois éconduit (sa cousine Kee), il part s'installer à La Haye où il retrouve son cousin, le peintre Mauveluf d'utiles conseils, mais, l'enseignement lui devenant insupportable, il retourne en Décembre 1883 au presbytère paternel à Nuenen et s'adonne avec courage à la peinture, et ses tableaux reflètent le réalisme sombre de sa région. En Novembre 1885, il se trouve à Anvers où Théo, son frère (avec lequel il ne cessera jamais de correspondre) lui envoie un peu d'argent, (le père venant de mourir) Vincent Van Gogh découvre Rubens, et les premiers Crépons japonais dont les coloris l'enchantent. Enfin, il trouve la joie de vivre !!
Il décide de partir pour Paris en Février 1886 où Théo le reçoit et l'héberge, Vincent sera ébloui par les impressionnistes, il rencontre Pissarro, Degas, Signac et Gauguin avec qui il se lie d'amitié, et en Juin 1886, il s'inscrit à l'atelier de Cormon, où il se lie avec Toulouse-Lautrec ainsi qu'Emile (peintre et écrivain) alors âgé de 18ans avec lequel il entretiendra une correspondance régulière. Vincent travaille avec acharnement (rues de Paris, portraits, fleurs) expose quelques toiles chez le père Tanguy, sa palette s'éclaircit, il s'essaie à la technique du « pointillisme » et l'impressionnisme aura déterminé un choc décisif pour son inspiration, il éprouve un tel
d'émulation qu'il exécute 200 tableaux durant les 20 mois de son séjour à Paris (scènes de natures mortes, portraits dont 23 autoportraits) Hélas, l'hiver de 1887 lui semble pénible, il a besoin de lumière, de chaleur pour réveiller sa et son ardeur au travail, et, sur les conseils de Toulouse-Lautrec, il part pour Arles, le 20 Février 1888. Tout en Provence l'émerveille, pour lui, c'est l'Orient, il a 35ans et se sent heureux, il va réaliser encore près de 200 tableaux en 15 mois, sa palette ne se veut plus impressionniste, il a un style bien à lui, lumineux, sans ombres, avec des couleurs pures, hélas, il ne mange pas toujours a sa faim, il ne vend rien, il souffre d'hallucinations, l'idée de la mort le guette, il se hâte, travaille comme un forcené, il a l’esprit en feu et ses crises d'exaltation deviennent de plus en plus nombreuses. Il rêve de créer avec Gauguin, une colonie d'artistes qu'il aurait nommée "L'atelier du Midi" où les peintres élaboreraient une oeuvre commune. En Octobre 1888, il demande à Gauguin de venir le retrouver, celui-ci répond à sa demande, Vincent est ragaillardi, mais d'orageuses discussions altèrent les rapports de ces deux natures opposées et, un soir, Vincent se coupe une oreille par dépit, ses hallucinations reviennent, il fait peur, on l'emmène à l'hôpital, il en sort reposé mais lors d'une nouvelle crise, il sollicitera lui-même son internement à l'asile de Saint-Rémy le 3/5/1889. Durant son internement, il réalisera encore quelques 150 toiles et des centaines de dessins (souvent réalisés au roseau), mais le rythme de son trait devient exalté, les couleurs s'assombrissent. Le sentiment de ses échecs l'écrasent, il se considère inférieur et peintre raté, il est désespéré et malade, alors, Théo, demande au Docteur Gachet d'Auvers-sur-Oise de prendre Vincent sous sa surveillance, Vincent se retrouve le 16/5/1890 installé à Auvers-sur Oise où chacun lui témoigne de l'amitié, lui sert de modèle (Vincent c'est remis à peindre) mais Vincent redoute un nouvel accès de son mal, il est triste, alors, ce dernier dimanche de Juillet, Vincent se dirige vers ces champs de blé mûr où il avait peint le il s'arrête devant une ferme, se cache derrière le tas de fumier et se tire une balle de pistolet dans la poitrine, mais il aura la force de regagner l'auberge du village où il ira dans sa chambre et se couchera comme une bête blessée pour succomber deux jours plus tard en présence de Théo qui accouru à son chevet, Vincent avait 37ans et 4 mois. Vincent Van Gogh était atteint de névrose d'échec, perpétuel anxieux, il essaya divers moyens de défense, religion, humanisme, puis la peinture avec la passion d'un être menacé d'un mal implacable, il put surmonter ainsi quelques fois ses défaillances physiques et psychiques mais son art n'a rien d'un aliéné, il avait le souci d'équilibre, d'ordre et de raison. Il croyait en un idéal artistique, chaque oeuvre est le fruit d'une pensée, il fut un homme et un artiste d'une incontestable énergie et la sûreté de sa main égale à celle de sa volonté d'atteindre un monde nouveau selon sa propre sensibilité. Il a émancipé la couleur, s'adressant à l'âme aussi bien qu'à l'oeil, cherchant à exprimer les passions humaines. Avec Cézanne et Gauguin, il a remis en question les procédés de la peinture, il a préparer l'art du XXe siècle. Il édifia son oeuvre énorme en presque 7ans. Son influence s'exerça sur toute la peinture moderne, les « Fauves » comme Vlaminck, Derain, Dufy, les « Expressionnistes »comme Soutine. Vincent Van Gogh a vécu par avance le drame de notre temps. Ce temps qui « tantôt libère, tantôt asservi ». (Franck Elgar)
« Le métier » 1884 huile/toile 70x85cm Musée Kroller-Müller, Otterlo
« Les mangeurs de pommes de terre » 10/1885 huile/toile 82x114cm Muséee national V.Gogh, Amsterdam
« Montmartre » (Paris) hiver/1886 huile/toile 44 x 33cm Art Institute, Chicago
« Le père Tanguy » (Paris) 12/1887 huile/toile 65x51cm Collection Stavros Niarchos, Athènes
« Le café de nuit » (Arles) 9/1888 huile/toile 70 x 89cm Yale University Art Museum, New Haven
« La chambre » (Saint-Rémy) 9/1889 huile/toile 57 x 74cm Musée d'Orsay, Paris
« Paysanne » (Auvers) 6/1890 huile/toile 92 x 73cm Collection H.R. Hahnloser, Berne
26 mai 2008
DROITS AUTEUR (GROSSO MODO)
D'après les articles L.111-1 et L.123-1 du code de la propriété intellectuelle, l'auteur d'une oeuvre de l'esprit jouit d'un droit de propriété exclusif dès sa création, sans nécessité d'accomplissement de formalités (dépôt ou enregistrement), pour une durée correspondant à l'année civile du décès de l'auteur et des soixante-dix années qui suivent, au bénéfice de ses ayants droit. Au-delà de cette période, les oeuvres entrent dans le domaine public. Toutefois, en cas de litige, il est nécessaire de pouvoir apporter une preuve de l'existence de l'oeuvre à une date donnée, soit en ayant effectuée préalablement un dépôt auprès d'un organisme habilité, soit en ayant rendue l'oeuvre publique et en étant en moyen de le prouver.
Ainsi, lorsqu'une oeuvre tombe dans le domaine public, il est impératif lors de son utilisation de citer son nom et celui de son auteur ainsi que d'en respecter l'intégrité, au risque sinon de se voir réclamé des dommages et intérêts par les héritiers ! Exception :
La publication d'une citation ou d'une analyse de l'oeuvre, dans la mesure où celle-ci est brève et justifiée par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d'information, de l'œuvre ainsi que la parodie et la caricature.
25 mai 2008
LE NOMBRE D'OR
LE NOMBRE D’OR (O.C.)
Les canons de la beauté du corps ont profondément changé au cours des siècles. Mais, de tout temps, on a essayé de donner une base scientifique à la notion de beau !!
Dabs le Grèce antique, les sculpteurs avaient défini les proportions idéales du visage. Puis, au XVIe siècle, Léonard de Vinci, comme de nombreux artistes de la Renaissance, s’intéressa de très près à cette proportion idéale qu’il baptisa « nombre d’or » ou « divine proportion ». Il la représenta dans son fameux croquis, « l’homme de Vitruve » où le personnage est dessiné dans une quadrature du cercle, son nombril en indiquant le centre.
Quant au » nombre d’or », il est désigné par la lettre grecque « phi », en référence au sculpteur Phidias, et est égal à 0,618.
C’est le rapport que l’on doit obtenir en mesurant la distance du nombril au sommet de la tête puis en divisant ce nombre par la distance du nombre aux pieds.
On doit retrouver ce rapport aussi entre la largeur du nez et celle de la bouche et également en divisant la longueur de l’œil par la largeur de la bouche.
Ce rapport définit les proportions « idéales » !!!
LE NEZ
Pour définir le nez « idéal » on estime qu’il doit occuper le tiers de la hauteur du visage, c'est-à-dire ; avoir la taille de l’oreille !!Mais cet « idéal » est tout à fait théorique car on ne peut dissocier le nez du reste du visage !! Un même nez, sur deux visages différents, peut paraître harmonieux chez l’un et disproportionné chez l’autre !! Les formes de nez se classent en plusieurs catégories : à la « Cyrano », busqué, retroussé, « en patate », épaté, crochu, aquilin, etc…
On connaît le fameux « nez Bourbon » à cause duquel Louis XVI fut identifié à Varenne.
De nos jours, il semble que les canons fassent la part belle aux petits nez mais jusqu’au XIXe siècle, les nez longs avaient la préférence comme en témoigne l’ancien diction « grand nez, joli visage ». Chez les Romains, un « nasatus home » (un homme qui avait du nez) désignait un homme d’esprit, et cette tradition a perduré pendant des siècles !!
24 mai 2008
DES IMPRESSIONNISTES MAJEURS
L' Impressionnisme (suite)
BERTHE MORISOT (1841/1895) née à Bourges, élevée dans un milieu cultivé, traditionnel et bourgeois dont rien ne laissait prévoir son orientation artistique. Son père, un riche préfet, démissionna en 1855 pour devenir conseiller à la cour des comptes et s'installa à Passy. A l'âge de 16ans, Berthe Morisot étudia le dessin avec sa soeur Edma dans l'atelier de Guichard où elle rencontra Corot et deviendra son élève de 1860 à 1868. Elle réalisa des copies d'après les études que celui-ci lui prêta et l'influence de Corot sera visible dans ses propres oeuvres jusqu'en 1874. En 1868, grâce à Fantin-Latour, elle fit connaissance d'Edouard Manet, devint son modèle, entres autres, pour « Le balcon » et subira également son influence mais en revanche, elle le fera adhérer à la peinture en plein air avec une palette plus claire. En 1874, elle épousa le frère cadet d'Edouard Manet, Eugène, et, la même année, elle exposa avec les « Impressionnistes » entraînée par ses amis Renoir et Monet. Elle travailla en plein air comme eux, à Bougival où elle avait acheté une maison. Elle sera liée au groupe des impressionnistes de 1874à 1886 et sera présente à chaque exposition. Elle vendra ses oeuvres à ses amis peintres. Ses paysages pleins de charme et de raffinement feront sa réputation. Elle s'intéressa aussi aux portraits et scènes intimistes d'intérieur, son modèle préféré sera sa fille Julie, qu'elle adorait. Elle sera l'une des portraitistes les plus douée de son époque et, en 1892, lors de sa 1ère exposition, elle remporta un vif succès. A l'apogée de sa gloire, elle meurt de la grippe à 54ans. Toute son oeuvre sera au service de la spontanéité, la délicatesse et la poésie avec une préférence pour l'atmosphère intime des scènes familières !! « Le berceau » 1872 huile/toile 56 x 46cm Musée d'Orsay, Paris
EDOUARD MANET (1832/1883) né et mort à Paris, issu d'une famille bourgeoise, sa vocation artistique sera mal venue, son père le destinant à la magistrature, il s'engagea alors, comme élève officier dans la marine marchande et à son retour en 1850, il s'inscrit enfin à l'atelier du peintre académique Thomas Couture où il étudiera durant 6ans, puis complètera sa formation en visitant le Louvre et Fontainebleau où il copiera des oeuvres de Titien et Tintoret. Puis, il partit en Hollande pour étudier Rembrandt et voyagea en Italie pour étudier les Vénitiens de la « Renaissance ». A son retour, il présenta au Salon de 1861 « le joueur de guitare espagnol » qui lui valu une mention honorable et encouragé par Théophile Gautier, il réalisera une série de tableaux sur les espagnols, mais on le nommera sur un ton ironique « L'Espagnol de Paris ». En 1865, il ira en Espagne pour voir les maîtres qui l'on soi-disant influencé, ainsi son admiration pour Vélasquez se confirma et il découvrit Goya. Donc, dès ses débuts, il étonne et déroute, son fameux « Le déjeuner sur l’herbe » exposé au Salon des Refusés en 1863, suscitera maintes réactions violentes de la part du public. Cette toile semblait peinte en milieu naturel et non en atelier, et, loin des conventions, elle attira la réprobation de la bourgeoisie bien-pensante. En revanche, ce tableau fit de Manet le chef de file des jeunes peintres et son action sera encore plus évidente lors de l'exposition au Salon de 1865 avec « l’Olympia » tableau qui, à l'heure actuelle, nous apparaît comme une pièce maîtresse de l'art moderne. Exclu de la sélection de l'Exposition universelle de 1867, il exposera à part ses oeuvres dans un pavillon place de l'Alma. Peintre en marge du groupe des impressionnistes, il leur donna l'exemple de l'audace mais les trouva stimulants avec une source d'inspiration nouvelle en rajeunissant sa palette, mais il ne s'adonna jamais aux paysages pour eux-mêmes, ses toiles avaient besoin de personnages, aussi, il aimait reprendre un thème usé et lui redonner un éclat si réel qu'il semblait nouveau : ex : « le torero mort » est l'exacte réplique du « Guerrier mort » de Vélasquez). En 1872, Durand-Ruel lui achète 24 peintures dont « Le fifre » ce qui lui permettra de s'installer dans un spacieux atelier et de produire une série éblouissante consacrée aux café concerts et brasseries comme le célèbre bar des « Folies Bergères ». En 1881, hélas, il mourra en pleine gloire à l'âge de 51ans. Si libre soit-il dans son apparence, l'art de Manet n'est pas une improvisation, il est volontairement construit et il aurait été volontiers tenté par des grandes compositions historiques. Il fut un peintre paradoxal, cultivé, raffiné, excellent portraitiste, et il mérite bien la place de chef de file de l'impressionnisme puisqu'il sera pendant des années le seul à livrer combat en faveur d'un art neuf qui cherche l'observation directe, aussi bien la nature que dans le spectacle de la vie contemporaine avec un renouvellement dans l'inspiration et la technique !! « Le déjeuner sur l’herbe » 1862 huile/toile 215 x 271cm « L’Olympia » 1863 huile/toile 130 x 190cm Musée d'Orsay, Paris MARY CASSAT (1845/1926) née à Pittsburgh (U.S.A.) morte à Mesnil-Théribus (Oise). Elle passa les premières années de son enfance à Paris de part la culture française de son père. Elle commence son apprentissage en peinture à l'Académie de Pennsylvanie mais revient en France dans l'espoir de meilleurs conditions d'apprentissage, elle apprend les grands maîtres dans les musées, étudie le Corrège en Italie, ira en en Espagne et à Anvers où elle admirera Rubens. C'est à Anvers, en 1878 qu'elle rencontra Edgar Degas qui lui suggéra de participer aux expositions du groupe « Impressionniste» en lui donnant quelques conseils mais elle conservera sa totale indépendance de technique et d'inspiration. Impressionniste, mais elle subira plutôt une influence des artistes japonais (dessins, gravures). L'art de Mary Cassatt est plus dominé par un sentiment que par une technique malgré toutes les admirations pour les grands maîtres, son expression sera simple et familière du fait quotidien. Elle consacra dans les dernières années de sa vie, une grande part de son activité, à défendre, à faire connaître et aimer aux Etats-Unis, l'oeuvre des ses collègues impressionnistes, leur acheta de nombreuses toiles, et en fit acheter à ses relations. Elle participa à l'exposition du marchand d'art Durand-Ruel en 1886 qu'il organisa à Madison square. Elle fut la marraine de la collection privée Havemeyer dont se trouve actuellement l'essentiel au Metropolitan Museum de NewYork. Elle sera surtout la marraine des impressionnistes !! « Femme cousant » 1880 huile/toile 92 x 63cm « Mère et enfant « 1887 pastel sur papier 55 x 43cm Musée d'Orsay, Paris
HILAIRE GERMAIN EDGAR DE GAS dit DEGAS (1834/1917) né et mort à Paris, comme Manet. Issu d'une riche famille bourgeoise, son père est banquier et amateur d'art, sa mère est créole, originaire de la nouvelle-Orléans ce qui l'amènera à voyager aux Etats-Unis en 1873 où il croquera de nombreuses esquisses pour de futures toiles. Il abandonnera ses études de droit pour se consacrer à la peinture et s'inscrira en 1855 à l'atelier de Lamothe où l'enseignement se base sur les principes néo-classiques d'Ingres à qui il voue une grande admiration, puis, il sera reçu aux Beaux-Arts, mais ne restera que peu de temps préférant se former seul à la peinture. De 1956 à 1860, il voyagera en Italie en compagnie de son ami Gustave Moreau et découvrira les maîtres florentins. A son retour, il réalisera des portraits de famille au cadrage influencé par la photographie, puisque, grand amateur d'opéra, il aimera traquer l'intimité des danseuses au travail, et, en 1872, il peint les champs de courses qu'il fréquente assidûment et qui seront également une source d'inspiration mais également les personnages dans leur vérité familière. Il s'installera dans un atelier à Montmartre où il vivra comme un ermite pour travailler ses toiles d'après les croquis pris sur le vif, il aimera mieux travailler à la lumière artificielle que la lumière naturelle du soleil et nourrira une passion pour le dessin plutôt que la couleur qui, pour lui n'est qu'un complément au dessin, il abordera aussi la sculpture pour y trouver l'expression du mouvement. Vers la fin de sa vie, devenu malvoyant, il adoptera le pastel et le fusain. Peintre solitaire et indépendant il resta attaché au « Réalisme » mais son art de capter le mouvement et à saisir le geste expressif, le rendra indispensable à l'histoire de l'impressionnisme même si les paysages en plein air ne l'intéressaient pas. Il participa à la 1ère exposition des « Impressionnistes » en 1874 chez Nadar et à celle de 1886 !!
« Le foyer de la danse à l’opéra » 1872 huile/toile 32x46cm Musée d'Orsay, Paris
« Danseuse » 1881 Sculpture en bronze Jeu de Paume, Paris
23 mai 2008
NOUREDDINE ZEKARA
JE VIENS DE DECOUVRIR UN ARTISTE DE GRAND TALENT!! VISITEZ SON SITE ET SON BLOG DANS MON LIEN "ARTISTES DE TALENT"
22 mai 2008
L'IMPRESSIONNISME - ACADEMIE SUISSE
L' 1mpressionnisme
Si le « Réalisme » apporta à la peinture des sujets et des sens nouveaux, il n'introduit aucune innovation dans le domaine technique. L'apport essentiel des « Impressionnistes » fut d'affirmer que la réalité, dégagée des conventions déformantes de l'atelier, éclate en impressions, en phénomènes optiques, en tâches vibrantes de couleur et de lumière ! L'oeil impressionniste réclame une peinture rapide, en pleine lumière, fluide et indéterminée. Les peintres sont en plein air, ils traduisent leurs sensations visuelles dans l'immédiat. La grande victoire de l'impressionnisme réside dans la découverte de la valeur de la lumière ! Rejetée par les critiques en 1874, nous y trouvons actuellement un bonheur naturaliste d'une rare intensité, d'une joie de vivre tranquille ! Entre 1874 et 1886, il y aura huit expositions « Impressionnisme ». Cette nouvelle peinture ne sera pas toujours appréciée mais aura ses défenseurs tel Emile Zola qui aura une haute estime pour ces artistes doués du plus grand mérite! Pendant dix ans, deux groupes se formèrent :
1/En 1860 à l'Académie Suisse
Local du quai des Orfèvres, fondé sous la seconde Restauration par Suisse (nom d'un ancien modèle) le père Suisse, académie libre où les artistes y venaient étudier le nu (Delacroix, Courbet). Vers 1860, Pissarro, Monet, Guillaumin, Cézanne se rencontrèrent et s'initièrent à la technique impressionniste. A l'Académie Suisse, les artistes se livraient à des audaces refusées par l'art officiel des Beaux-Arts.
CAMILLE PISSARO (183011903) né à St-Thomas aux Antilles, il part à Paris pour faire des études, revient à St-Thomas et comme il dessine beaucoup, il est encouragé par un peintre danois Fritz Melbye à s'inscrire aux Beaux-Arts à Paris. Il fréquente également l'Académie Suisse où il rencontre Cézanne qui deviendra un grand ami et travaillera avec Corot dont il subira l'influence. En 1859, il est enfin admis au Salon avec une reconnaissance quasi officielle mais en 1870, il se réfugie
à Londres où il retrouve son ami Monet qu'il connaît depuis 1858, rencontre le marchand français Paul Durand-Ruel, protecteur des artistes non officiels et qui restera intimement lié aux impressionnistes. De retour en France, à Louveciennes, il découvre avec stupeur que les Prussiens ont détruit la plus grande partie de ses oeuvres, il se fixe avec sa famille à Pontoise et se remet au travail. Pissarro boude le Salon en 1872 et 1873 ainsi que Monet, et sur une idée de Bazille, (mort au combat en
1870), ils décident d'exposer leurs oeuvres hors du circuit officiel, c'est ainsi que Pissarro sera l'un des fondateurs de la « Sté coopérative des peintres, graveurs et sculpteurs » et présentera en 1874, chez Nadar (photographe réputé), la 1ère exposition impressionniste, où seront réunis Degas, Berthe Morisot, Renoir, Sisley, Cézanne, Boudin, Guillaumin et d'autres…Cette Société dura seulement un an, mais, désormais, d'autres expositions impressionnistes seront organisées entre 1874 et 1886 et Pissarro y sera toujours représenté. Mais il ne vend presque rien et mènera une vie de misère, quand, en 1892, Paul .Durand-Ruel lui organisera dans sa galerie, une grande exposition rétrospective et le succès marquera, enfin, viendra la fin de ses difficultés financières. Toute sa vie, il observa les effets variés de la nature et réalisa de nombreuses toiles, aquarelles, dessins et gravures, mais vers 1884, il commence à se montrer insatisfait de son exécution, trop rugueuse à son goût et en 1886, il est séduit par le « Divisionnisme » de Seurat, mais cette tentative échoue et il consacra le reste de sa vie à la recherche d'une nouvelle liberté d'expression pour aboutir à une vigueur superbe ! Il réalisera également des portraits, des natures mortes et des nus !
« La bergère » 1881 huile/toile 81 x 65cm Musée d'Orsay, Paris
PAUL CEZANNE (1839/1906) né et mort à Aix-en-Provence, il fréquenta le collège jusqu'en 1858, passera avec succès son bac es-lettres et s'inscrira à la faculté de Droits selon la volonté de son père autoritaire, mais, passionné d'arts, il suit depuis 1856, des cours à l'école de dessin d'Aix. Appliqué, travailleur, mais exubérant et sensible, il s'adonne à la musique avec son ami Emile Zola. En 1859, il installe son 1er atelier dans la maison familiale et décide de devenir peintre au regret de son père qui le voyait banquier, mais qui cèdera à sa demande, constatant son inaptitude aux affaires. En 1861, Cézanne, impatient de rejoindre Zola qui c'est établit à Paris, part pour la « Capitale », trouve un meublé, rue des Feuillantines, et s'inscrit à l'Académie Suisse, se lie avec Guillaumin et Pissarro et entretien toujours une forte amitié avec Zola. Il vit péniblement et le tumulte de Paris ne lui sied guère, refusé aux Beaux-Arts, découragé, il retourne à Aix où son père lui offre un emploi dans sa banque, mais loin de renier le dessin et la peinture, en 1862, il retourne à Paris, fréquente les impressionnistes sans trop les apprécier, son admiration va plutôt aux oeuvres de Delacroix et Courbet. Instable, il fait des allers et retours entre Aix et Paris, refusé au Salon de 1866 et de 1867, il se réfugie alors en 1870, à l'Estaque pour fuir l'ordre de mobilisation. La guerre terminée, il revient à Paris, il a 32ans, et sa peinture est toujours violente, théâtrale, baroque, triviale, excessive. En 1872, il se fixe à Auvers-sur-Oise avec femme et enfant où il vivra durant deux ans en compagnie de Pissarro et Guillaumin dont il écoutera les conseils et subira l'influence, il aura un contact impressionniste et sa palette s'éclaircira. Il fait la connaissance de Van Gogh, et le Dr.Gachet l'encourage. Des amateurs lui achètent quelques toiles, puis de retour à Paris, il retrouve les impressionnistes et expose avec eux en 1874. En 1877, il expose encore avec les impressionnistes mais sans succès, de ce fait, en 1878, il délaisse l'impressionnisme et préfèrera organiser la nature selon des formes géométriques, représentera les personnages en des formes solides fondamentales, et réduira sa palette à des bleus et des ocres. L'oeuvre de Paul Cézanne fut la dernière réaction à « l'Impressionnisme » et sans nul doute la plus importante. A partir de 1889, il s'oriente vers une peinture synthétique et conçoit la peinture avant tout comme une construction. Harmonie musicale des couleurs, souci de composition picturale pour arriver à l'équilibre parfait, il apporte une solution aux problèmes de création de tout un siècle, en définissant la relation qui peut exister entre la réalité extérieure et le travail de l'artiste. L'oeuvre d'art trouve sa vraie raison d'être de la façon la plus complète dans la construction autonome de l'artiste et dans l'opération mentale qu'il exprime. Deux ans avant sa mort, son talent sera consacré au Salon d'Automne en 1904 !
« Le nègre Scipion » 1866/68 huile/toile 107 x 83cm Museu de Arte, Sao Paulo
« La montagne Sainte Victoire » 1885/87 huile/toile 65 x 81cm The Metropolftan Museum Art, New York
« Les joueurs de cartes » 1892/93 huile/toile 47 x 57cm Musée d'Orsay, Paris
















































