09 septembre 2008
LE CHAT (suite)
AU CŒUR DES CONTROVERSES
Malgré les lumières de la Renaissance, le chat traîne sa mauvaise réputation de suppôt de Satan. Et jusqu'au XVIIIe siècle Chez l'Espagnol Francisco Goya, dans la série d'eaux-fortes intitulée Caprices, il s'associe au monde trouble de la sorcellerie. Dans le Portrait de Don Manuel Osorio, en 1788, les prunelles animales luisent de convoitise et de cruauté dans la pénombre. Pourtant, le chat, naturellement élégant, gracieux, joueur, séducteur, se débarrasse peu à peu de l'image maléfique qui lui colle à la peau. Les minets de Chardin apparaissent plutôt comme de simples diablotins inoffensifs, petits voleurs ou petits gloutons pris en flagrant délit. En marge de tous les courants, le Suisse Gottfried Mind (1768-1814), renommé pour l'idolâtrie qu'il voue à sa chatte Minette et surnommé le « Raphaël des chats », vient redorer le blason du félin par un flot d'aquarelles, d'huiles et autres dessins, en des portraits naïfs, presque humains. Sous la Révolution, cet animal, viscéralement rétif à toute autorité, symbolisait la liberté. En 1855, dans le tourbillon de personnages de son Atelier, Courbet accorde à son tour une place éminente, au cœur du tableau, à un chat angora blanc, modèle d'indépendance. D'abord ami des romantiques, le fauve et sa personnalité changeante, imprévisible, sait également se faire apprécier des impressionnistes.
(série "les Caprices") Francisco GOYA
"Don Manuel Onsorio" Franscico GOYA
GOTTFRIED MIND (le Raphaël des chats)









