MUSIQUE :PIERRE HENRY - MAURICE BEJART  

Pierre Henry fut un compositeur français de musique électroacoustique né le 9 décembre 1927 à Paris et mort le 5 juillet 2017 dans la même ville!

Il est considéré comme l'un des pères de la musique électroacoustique. Il est connu du grand public pour le morceau Psyché Rock de la suite de dansesMesse pour le temps présent. Ce morceau, plus accessible au grand public de par sa partie instrumentale rock, n'est toutefois pas forcément représentatif de son œuvre musicale, ou de son approche musicale en général.

À la fin de l'année 1949 débute la collaboration entre Pierre Henry et le chorégraphe Maurice Béjart. C'est dans le cadre de cette collaboration que Pierre Henry réalise son œuvre la plus connue du grand public : Messe pour le temps présent (qu'il a coécrite avec Michel Colombier), comprenant le tube Psyché Rock, ce morceau a, entre autres, influencé le générique de Futurama, série américaine). La première de la Messe pour le temps présent, ballet de Maurice Béjart, a lieu au festival d'Avignon, en 1967.

En 1975, avec la complicité de Bernard Bonnier, Pierre Henry monte Futuristie, manifestation sonore et visuelle en hommage à Luigi Russolo et à son manifeste L'Art des bruits. Trois représentations ont lieu les 16, 17 et 18 octobre, au Palais de Chaillot. Aux créations sonores de Pierre Henry s'ajoutent une création cinématographique de Monika et Bernd Hollmann ainsi que la performance du récitant Alain Louafi!!

Il a créé des œuvres acoustiques marquantes, telles Voyage (d'après le Livre des Morts tibétain), la Messe de Liverpool, l’Apocalypse de Jean, les Fragments pour Artaud, ou encore la Tour de Babel.

En 1997, pour les soixante-dix ans du compositeur, sort la compilation Métamorphose : Messe pour le temps présent, regroupant des remix par des artistes de musique électronique tels que Fatboy SlimColdcutSaint Germain ou encore Dimitri From Paris.

En 2007, Pierre Henry décide de confier la totalité de ses œuvres à la Bibliothèque nationale de France!

En avril 1950, il rédige un court manifeste intitulé : Pour penser à une nouvelle musique, dans lequel il décrit sa conception de la musique et ce vers quoi elle doit tendre :

« Il faut prendre immédiatement une direction qui mène à l'organique pur. À ce point de vue, la musique a été beaucoup moins loin que la poésie ou la peinture. Elle n'a pas encore osé se détruire elle-même pour vivre. Pour vivre plus fort comme le fait tout phénomène vraiment vivant. »

Dans son Journal de mes sons, Pierre Henry se distingue, non sans humour, des compositeurs au sens classique du terme :

« Les compositeurs travaillent avec des sons à tout faire, l’équivalent des notes de musique. Moi, je n’ai pas de notes. Je n’ai jamais aimé les notes. Il me faut des qualités, des rapports, des formes, des actions, des personnages, des matières, des unités, des mouvements. /…/ C’est insuffisant, les notes. Ça n’est rien. Ça se perd. C’est bête. On ne peut pas travailler avec les notes. Les notes, c’est bon pour les compositeurs

Derrière le côté saugrenu que peut avoir cette déclaration, se cache en vérité une attitude plus profonde vis-à-vis de la démarche artistique de son auteur. Ainsi, même lorsqu'il fait des emprunts à la musique classique, comme c’est le cas par exemple dans Phrases de quatuor, le but de Pierre Henry n’est pas de citer un autre auteur (comme on le fait parfois par hommage, voire par manque d’imagination), mais de tenter de nous faire entendre la musique classique comme objet sonore plutôt que comme langage musical : en plongeant un fragment de musique classique dans un contexte plus bruitiste, il nous incite à retrouver une perception vierge de tout bagage culturel préétabli, comme si nous entendions des sons instrumentaux pour la première fois.

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