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Balthuspseudonyme de Balthasar Kłossowski, parfois dit Kłossowski de Rola, né à Paris le 29 février 1908, mort à Rossinière (Suisse) le 18 février 2001, fut un peintre figuratif français d'origine polonaise.   Il est le frère de l'écrivain et dessinateur Pierre Klossowsk !

Balthus naît à Paris, mais sa famille, du fait de ses origines, se réfugie en Suisse lors de la Première Guerre mondiale. Ses parents se séparent peu après et Balthus passe son enfance avec son frère Pierre dans la région de Genève, près de leur mère et bientôt de Rilke.

"Baladine" rencontre le poète Rilke en 1919 : le jeune Balthasar Klossowski a 11 ans. Le garçon publie son premier livre de dessins, Mitsou, sous l'impulsion de ce mentor, lorsqu'il a quatorze ans. Il signe le recueil du surnom de « Baltusz » qu'on lui donnait à l'époque et qu'il transformera en « Baltus », puis en « Balthus » par la suite. Durant son adolescence, il rencontre les nombreuses relations de sa mère et de Rilke qui viennent lui rendre visite : André GideMaurice DenisPierre Bonnard.

Balthus repart pour Paris avec sa mère et son frère en 1924. Il y suit l'enseignement de Pierre Bonnard et de Maurice de Vlaminck. Il peint ses premiers tableaux, copie des œuvres au musée du Louvre. En 1926, il va en Italie étudier les peintres de la Renaissance, en particulier les fresques de la Légende de la Vraie Croix de Piero della Francesca à Arezzo, ainsi que celles de Masaccio à Florence.

En 1929, il expose pour la première fois à Zurich, sans grand succès.

                                         
                                      L'atelier de Balthus, cour de Rohan à Paris.

Balthus s'installe à Paris en 1933, dans un premier temps au 4, de la rue de Furstemberg dans le quartier Saint-Germain-des-Prés puis, non loin de là, à partir de 1936, cour de Rohan (quartier de la Monnaie) où il résidera plusieurs années. Il entre en contact avec le mouvement surréaliste par l'intermédiaire de Pierre Loeb, mais il ne se sent guère de point commun avec la mouvance d'André Breton. Il expose en 1934 une série de tableaux mettant en avant des jeunes filles à la pose équivoque, thème qui fera sa célébrité.

En 1950, il effectue les décors de l'opéra Cosi fan tutte de Mozart au festival d'Aix-en-Provence.

En 1953, Balthus quitte Paris pour le château de Chassy, à MontreuillonNièvre, dans le Morvan, en Bourgogne, où il reste jusqu'en 1961, après l'avoir loué puis acheté. Il y achève La Chambre et Le Passage du Commerce-Saint-André (1952-1954, collection particulière). Il y peint plusieurs paysages, vus de ses fenêtres, dont les deux Jeune fille à la fenêtre, de 1955 et 1957, deux portraits de Colette, la fille des métayers de Chassy. Il se crée un personnage de dandy et d’aristocrate « féodal », ainsi qu’il se décrivait, son appartenance à la noblesse restant non établie!.

En 1961, Balthus est nommé directeur de l'Académie de France à Rome, à la Villa Médicis, par André Malraux. Setsuko Ideta, jeune étudiante japonaise dont il est amoureux, l'y rejoint. Elle lui sert de modèle dans plusieurs tableaux dont La Chambre turque (1963-1966, Paris, Centre Georges-Pompidou). Il l'épouse en 1967 au cours d'un voyage au Japon. Lors de son séjour romain, il rénove le palais et restaure les jardins en leurs redonnant l'esprit qu'ils avaient au XVIe siècle. Il réalise alors le Carré des Niobides, fontaine à partir de plâtres de statues antiques.

                                                           
                                         Le Carré des Niobides imaginé par Balthus à la Villa Médicis.

En 1977, à la fin de son mandat romain, le peintre prend le thé au Grand Chalet de Rossinière, en Suisse, s'en éprend et l'achète. Il y vivra jusqu'à sa mort avec son épouse et sa fille, Harumi. Il présente ses toiles à de nombreuses expositions de par le monde et il est encensé par la presse et les critiques.    Balthus a été président des « Amis de Courbet » de 1992 à 1998.

L'œuvre peinte de Balthus est relativement peu abondante : l'artiste aurait réalisé durant sa vie trois cents peintures environ, dont beaucoup ne sont pas datées. Artiste méticuleux — certains tableaux nécessitant plusieurs années pour être achevés et après de nombreuses études préparatoires —, Balthus est resté célèbre pour ses tableaux de jeunes filles nubiles, souvent peintes dans des poses ambiguës, jouant sur l'idée de l'innocence perdue à l'adolescence.

« Je vois les adolescentes comme un symbole. Je ne pourrai jamais peindre une femme. La beauté de l’adolescente est plus intéressante. L’adolescente incarne l’avenir, l’être avant qu’il ne se transforme en beauté parfaite. Une femme a déjà trouvé sa place dans le monde, une adolescente, non. Le corps d’une femme est déjà complet. Le mystère a disparu. »

Il reste un artiste figuratif à une époque où l'abstraction est reine.

                                         balthus