RETROSPECTIVE VAN GOGH /2
Van Gogh allait s'adapter très vite à Paris, se liant d'amitié avec de nombreux impressionnistes, lesquels pratiquaient pourtant une peinture d'avant-garde bien différente de la sienne, allant même jusqu'à adopter, au moins provisoirement, certaines de leurs façons.
Il y étudia dans l'atelier du peintre Fernand CORMON, dessinant sans relâche à partir de modèles et de plâtres. Mais faute d'y trouver ce qu'il cherchait, Vincent quitta l'atelier au bout de 3 mois pour travailler à nouveau seul. Il s'y fit toutefois de véritables amis : Emile BERNARD, et Henri de TOULOUSE-LAUTREC qui lui fit découvrir la vie nocturne de Montmartre.
Vincent délaissa rapidement les "harmonies de gris" qu'il avait si longtemps étudiées pour une palette plus colorée, et se mit à peindre des scènes de rue et des vues de la ville.
Déjà Georges SEURAT et Paul SIGNAC cherchent, avec le Divisionnisme, à créer un néo-impressionnisme plus scientifique. Van Gogh, s'intéressant particulièrement à leurs recherches basées sur la division du spectre de la lumière, reprit sa technique, étudiant l'impression optique laissée par de petites touches de couleurs primaires (le rouge, le bleu et le jaune) et complémentaires (le violet, l'orange et le vert).
Il fut aussi sensible au courant du Synthétisme de GAUGUIN, tendant vers une certaine abstraction et stylisation où les formes des objets sont obtenues à l'aide de zones colorées délimitées avec précision.
Van Gogh peint également de nombreuses scènes de rue ou restaurant "Les jardins de Montmartre", "Intérieur d'un restaurant" (1887), des portraits, "Agostina Segatori au café du Tambourin", "L'italienne", d'une manière nouvelle, où on peut voir comment il a facilement intégré l'impressionnisme : "je préfère peindre des yeux humains à peindre des cathédrales".
Ne pouvant se payer des modèles, Vincent peint ceux qui veulent bien poser pour lui, et ne réalise pas moins de 25 autoportraits entre mars 1886 et février 1888.
Paris découvrait avec enthousiasme les estampes japonaises, et Van Gogh qui les collectionnait tenta de saisir dans plusieurs toiles les principes qui leur étaient sous-jacents : stylisé du tracé, zones de couleur pure, beauté de la nature "Portrait du père Tanguy" (1887).
Venu à Paris dans l'espoir d'être mieux connu des milieux artistiques, et de vendre ses toiles, Van Gogh dut, comme beaucoup de ses amis impressionnistes, exposer dans la vitrine de salles de café ou de magasins. Officiellement, Van Gogh ne vendit de son vivant, en tout et pour tout, que deux tableaux, et ce par l'intermédiaire de Théo.
Finalement, Van Gogh, fatigué, dépressif, souhaita quitter l'agitation de Paris, ses hivers rigoureux, pour le sud de la France où il emportait avec lui l'espoir de fonder une communauté d'artistes, un nouvel "Atelier du Midi"