SERGE FIORIO - PEINTRE NAÏF
ATELIER DE SERGE FIORIO EN 1961- PHOTO DE LEONOR MAU
Serge Fiorio (né le 7 octobre 1911 à Vallorbe, en Suisse, de parents piémontais et décédé le 11 janvier 20111 à Viens, dans le Vaucluse) fut un peintre italien d'origine piémontaise. Son père était cousin germain de Jean Giono.
Il s'était installé après la Seconde Guerre mondiale dans les Alpes-de-Haute-Provence, à Montjustin où il a vécu et peint de 1947 à 2011.
Tableau réalisée par Marie Freisser en hommage à Serge FIORIO

Né en Suisse, de parents piémontais, Serge Fiorio suit sa famille qui déménage souvent, selon les déplacements de l'entreprise paternelle (maçonnerie, travaux publics) vers le lieu de ses chantiers successifs — principalement le percement de tunnels.
En 1924, c'est l'installation pour seize ans à Taninges, petit village de Haute-Savoie où l'entreprise Fiorio exploite une carrière à ciel ouvert pour le chargement de routes et divers ouvrages de maçonnerie. Très tôt — à quatorze ans — Serge y travaille. Parallèlement, il les dessine, puis bientôt les peint. Après la rencontre de masques en rase campagne, les fêtes de Carnaval également l'inspirent — et continueront de le faire, devenant l'un de ses thèmes favoris, tout au long de son œuvre.
Giono, cousin germain de son père, s'intéresse tout de suite à ses premiers essais de mise en œuvre, puis lui demande, de réaliser son portrait. Après cette œuvre le jeune artiste autodidacte prend de l'assurance.
Curieux de ce que Giono lui en a dit au cours d'un de ses séjours de vacances chez les Fiorio à Taninges, en 1931, le peintre Constant Rey-Millet se rend au baraquement du chantier où travaille Serge pour se rendre compte de visu de ce que le jeune peintre accomplit. En naîtra une amitié pendant laquelle Rey-Millet, par deux fois, dessinera au crayon le portrait de Serge.
En 1936, dans le but de peindre davantage, il quitte la vie de carrier pour s'installer photographe ; jusqu'à sa mobilisation, en 1939, à Bourgoin, dans l'Isère, pendant laquelle il s'exprime alors au lavis et à la gouache.
1938 : Grâce à son Portrait de Jean Giono, c'est la rencontre d' Eugène Martel, le peintre de Revest-du-Bion. Ils échangent jusqu'au décès de Martel une importante correspondance.
1939 : mobilisation dans le génie, où il fait la connaissance de l'arlésien Paul Geniet — simple soldat comme lui — qui, avec sa femme Yvonne, deviendront ses confidents épistolaires favoris sur une dizaine d'années environ.
1940 : amitié avec l'écrivain Luc Dietrich, qui lui fera rencontrer le poète Lanza del Vasto.
Avec son frère Aldo, ils s'installent à Campsas dans le Tarn-et-Garonne où ils exploitent une ferme, tout en prêtant main forte à la Résistance installée dans la région. Il y peindra une moderne Pietà, sa grande toile intitulée La Mort du camarade.
La guerre terminée, et après plusieurs déboires, il rêve de Haute-Provence ; s'en ouvre à Giono qui le dirige, comme à tout hasard, vers son découvreur et ami Lucien Jacques, aquarelliste installé depuis peu à Montjustin, à mi-chemin entre Apt et Manosque.
Serge Fiorio n'aura de cesse de vouloir s'y installer pour toujours. C'est ce que fait la tribu Fiorio toute entière, en 1947, en venant habiter l'ancien presbytère délabré, perché tout au sommet du village. Serge Fiorio y peint de plus en plus, n'ayant jamais cessé de le faire ; ce qui permet aux Fiorio d'acheter, alors en ruine, des maisons à restaurer, des terres à cultiver, et d'élever aussi un troupeau de chèvres et de brebis.
Dès 1948, les Fiorio adhèrent au Mouvement de la Paix, présidé par leur ami Yves Farge.
Amitié avec un couple de jeunes poètes : Lucienne Desnoues et Jean Mogin, le fils de Norge, ainsi qu'avec le collectionneur André Bernard et son épouse la chanteuse Josy Andrieu qui partageront avec lui l'amitié de Joan Baez en conduisant plusieurs fois l'artiste américaine à Montjustin, dans son atelier.
Il expose aussi bien dans les villages autour de chez lui qu'à Paris, qu'en Suisse ou en Allemagne de par son amitié avec le jeune écrivain Hubert Fichte, venu comme berger à Montjustin. La presse, spécialisée ou non, parle de lui. Cinq photographes resteront ses amis jusqu'à leur mort ou à la sienne : Lucien Clergue, Marcel Coen, Robert Doisneau,Henri Cartier-Bresson et Martine Franck.
1969 : Picasso installe — en hommage d'admiration privée — le grand cheval blanc du Manège qui fait l'affiche de l'exposition Fiorio à la Galerie 65 de Cannes sur les murs de son atelier.
Grâce à Pierre Martel, fondateur d'Alpes de Lumière, rencontre puis amitié avec Aimée Castain, bergère et peintre autodidacte comme lui.
1979 : Serge Fiorio rédige une préface pour l'exposition de peinture de son amie et voisine Aimée Castain à Roussillon, dans le Vaucluse. La même année : début d'une correspondance « écologique » avec Adrienne Cazeilles, une institutrice de la vallée de l'Aspre entendue à la radio dans sa Radioscopie par Jacques Chancel.
C'est à l'initiative d'Hubert Marcelly qu'en 1983 Taninges organise la première rétrospective de ses œuvres, depuis l'année 1932. D'autres rétrospectives sont organisées par le Centre Jean Giono, le Château de La Tour d'Aigues ou la Médiathèque de Céreste.
En 1992, les éditions Le Poivre d'Âne, de Manosque, publient le tout premier album intégralement consacré à son œuvre, avec l'Itinéraire biographique du peintre, écrit par son ami André Lombard, avec les photos de Pierre Ricou, préfacé par Pierre Magnan.
Il meurt le onze janvier 2011, à onze heures, chez des amis, à Viens, dans le Vaucluse.
En juillet 2011, paraît aux Éditions La Carde, à Viens, un ouvrage sur la vie du peintre et sur son œuvre, composé de deux textes complémentaires : Pour saluer Fiorio d'André Lombard, précédé de Rêver avec Serge Fiorio par Claude-Henri Rocquet — qui est venu le rencontrer une petite année plus tôt dans son atelier.
Les Amis des Arts de Reillanne organisent la première exposition posthume d'une vingtaine de ses œuvres accompagnées de nombreux documents.
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