PAUL CADMUS
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Paul Cadmus, né le 17 décembre 1904 à New York et mort le 12 décembre 1999 à Weston dans le Connecticut fut un peintre, pastelliste et dessinateur américain.
Pour son œuvre peinte, son style peut être qualifié comme appartenant au Réalisme magique. Il est surtout connu pour ses peintures mêlant critiques sociales et homoérotisme. Mais son œuvre, façonné par des influences multiples, révèle des facettes stylistiques variées selon les époques. Sa sensibilité à la beauté du corps masculin reste sa ligne directrice tout au long de sa carrière. Il passe par divers médiums et techniques, mais demeure particulièrement attaché à l’utilisation d’une technique ancienne, la tempera à l’œuf, qu’il mixe souvent à celle de l’huile.
Paul Cadmus mêle l’histoire et l’actualité, le beau et le laid, le satirique et l’érotisme. Il a associé son admiration pour les compositions à personnages complexes, inspirées des maîtres de la Renaissance comme Luca Signorelli, aux réalités sociales de son temps. Il part souvent des grands thèmes classiques, que sont la peinture religieuse et la scène de genre, et les adapte à sa vision critique de différentes tranches de vie de la société américaine : Aspects of Suburban Life (1935-36), Herrin Massacre (1940), Hinky Dinky Parley Voo (1939).
Certaines de ses peintures les plus acerbes proposent une vision peu flatteuse de la société pendant les temps de loisirs et de détente : foule de corps difformes agglutinés sur les plages, Coney Island (1934), ou dans les bars, Bar Italia (1953-55) ; d’autres suggèrent les débauches sexuelles des marins pendant leur permission : The Fleet’s In (1933).
À ces imposantes caricatures sociales est toujours associé un érotisme suggérant les relations homosexuelles, alors totalement cachées et fortement condamnées par la société. Cette dimension est encore plus présente dans d’autres peintures moins dévastatrices : YMCA Locker Room (1933), Playground (1948), où son goût pour l’esthétique du corps masculin est explicitement visible.
Cette audace caravagienne lui vaudra le refus ou la suppression de nombre de ses toiles dans les expositions ou établissements fédéraux, ainsi que l’indignation d’une bonne partie de la société, ce qui d’ailleurs lui donne une excellente publicité. Elle fera aussi de lui l'un des pionniers de la visibilité et de l’émergence de l’homosexualité dans la société.
En réponse aux accusations, il répond que « l’homosexualité n’est pas la raison d’être de mon art », que, comme artiste, il « aspire à être un bon peintre littéraire, qui dépeint les scénarios complexes de l'homme », et que, en ce sens, il considère, comme son œuvre phare et l’aboutissement de cette aspiration, son tableau Night in Bologna (1958), qui représente un triangle de trois personnes, fermé et figé par les désirs à sens unique.
Au fil des années, son amour pour l’esthétique du corps masculin se fera de plus en plus présent dans son travail, pour arriver à n’être plus que l’unique objet de son œuvre dans la seconde partie de sa carrière, où abondent les nus masculins de style académique et les études de danseurs en exercices. (SUITE WIKIPEDIA)
