Canalblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
LE BLOG DE FANFG
Publicité
19 février 2020

PARIS CARNAVAL - HISTORIQUE

MERCI A HuntleyFilmArchives - Film 94847  -  Défilé de voitures hippomobiles avec beaucoup de monde au Carnaval de Paris 1895. La peinture en papier mâché représente le "génie de l'invention". Images de Lumière

Le Carnaval de Paris est une fête populaire parisienne succédant à la Fête des Fous, laquelle prospérait depuis au moins le XIe siècle jusqu'au XVe siècle.

Tombé progressivement en désuétude au XXe siècle et surtout au sortir de la Seconde Guerre mondiale, des initiatives privées pour la renaissance de ce Carnaval sont mises en place au début des années 1990. En 1998, renaît le cortège de la Promenade du Bœuf Gras, puis en 2009 renaît le défilé des Reines des blanchisseuses de la Mi-Carême.

Les liens anciens qui existent entre le Carnaval de Paris et des fêtes de province et de l'étranger depuis 1904 jusqu'aux années 1920 renaissent depuis 2003. Ils amènent des participations italiennescherbourgeoises et belges.

Cette fête a longtemps porté plusieurs noms. Jusqu'au XIXe siècle on utilisait en France et à Paris, à égalité avec le mot Carnaval le mot Carême-Prenant, qui pouvait être orthographié différemment : « Quaresmeprenant » ou « Quarêmeprenant » par exemple.

Carnaval_de_1789__d_tail_   Le_Carnaval_des_Boulevards_en_1828_par_Bertall

La tradition du carnaval est multiséculaire à Paris.

Nicolas de Baye écrit dans son journal en 1411 :« Lundi XXIIIe jour de fevrier  - La Court, pour la reverence de la feste de caresme prenant qui sera demain, s'est levée devant l'eure. »

La vigueur du Carnaval de Paris a reposé sur une tradition ininterrompue durant des siècles, des sociétés festives et carnavalesques organisées et l'implication particulière de certaines corporations. Ce dernier point est illustré en 1778 par un poème anonyme accompagnant une gravure illustrant la fête :

De ces sortes de mascarades,
Les Artisans font leurs plaisirs,
Il faut les voir à nos parades !
C'est là qu'ils comblent leurs désirs !
Chacun retourne à son ouvrage
Quand Mardi-gras est enterré,
Tout est mangé selon l'usage
Et l'on est toujours altéré.

Ainsi à l'époque les artisans jouent ici un rôle important. À Paris au XVIIIe siècle existe également le régiment de la Calotte, une très fameuse société festive d'origine aristocratique et militaire. Cette société rédige beaucoup de textes comiques, comme le feront plus tard d'autres, par exemple les Badouillards avec leur Grande Charte des Badouillards vers 1840. Fait peu connu, le Carnaval de Paris est traditionnellement la fête de la police de Paris. C'est également la fête des gens du spectacle. Il y a des bals masqués dans les théâtres, une programmation spéciale en temps de carnaval, avec des pièces comiques comme La Foire Saint-Germain., de Jean-François Regnard et Dufresni, ou La mort de Mardi-Gras, de Fonpré de Fracansalle. Au XIXe siècle l'implication des bouchers, blanchisseuses, commerçants, étudiants sera essentielle pour l'animation du Carnaval. Ce genre de phénomène se retrouve dans tous les carnavals que ce soit à Dunkerque ou au Brésil, la tradition, l'organisation et l'implication de certaines couches de la population sont essentielles pour la prospérité de la fête.

Une structure festive parisienne très importante au moins à partir de 1817 est représentée par les goguettes ou sociétés lyriques. Il en naît plusieurs centaines en 1818, année du retour de la paix après 26 années de conflits quasiment ininterrompus. Longtemps les goguettes sont petites et comptent chacune moins de vingt membres. Leurs réunions se tiennent chez des marchands de vin. On y voit par milliers des gens de toutes origines, en particulier populaires, comme des ouvriers et ouvrières parisiens. Ils se retrouvent chaque semaine le samedi soir veille des dimanches-lundis alors chômés. Et vont se distraire en chantant des chansons connues ou en en créant de nouvelles sur des airs connus.

En 1900, il existe encore au moins 90 goguettes à Paris. Quand on fait ainsi la fête un soir par semaine quoi de plus naturel que rejoindre en groupe la liesse du Carnaval quand elle arrive ?

Le Carnaval de Paris qui est très populaire et apprécié dans toutes les couches de la population rencontre également au cours des siècles des adversaires qui s'en prennent à lui au nom de la morale. Ainsi par exemple le juriste et théologien calviniste Lambert Daneau qui publie à Paris en 1582 un volume in-8 intitulé :Traicté contre les Bacchanales du Mardi gras, auquel tous les chrestiens sont exhortez de s'abstenir des banquets dudict Mardi-gras, et des masques et mommeries.

Un phénomène classique en Carnaval, la liberté momentanée de mœurs, existait aussi au Carnaval de Paris. Le goguettier Désaugiers en parle dans sa chanson V'là c' que c'est que l' carnaval, écrite entre 1800 et 1827 :

Au lever du soleil on dort,
Au lever de la lune on sort ;
L'époux, bien calme et bien fidèle,
Laisse aller sa belle
Où l'amour l'appelle :
L'un est au lit, l'autre est au bal...
V'là c' que c'est que l' carnaval.

Critiquant les femmes de Paris qui, selon lui, « se croient en droit de faire ce qu'elles veulent » et « ne s'occupent que de plaisir et de toilette », Eugène Delacroix écrit entre 1822 et 1863 :

« L'adultère, qui dans le Code civil est un mot immense, n'est par le fait qu'une galanterie de bal masqué.

Les femmes ont besoin d'être contenues dans ce temps-ci : elles vont où elles veulent ; elles font ce qu'elles veulent ; elles ont trop d'autorité. Il y a plus de femmes qui outragent leurs maris que de maris qui outragent leurs femmes. »

De son côté, Jouslin de la Salle, en 1825, écrit dans sa chanson Le Carnaval :

« Nul mari ne songe à sa femme, En carnaval. »

Jusqu'au début du XXe siècle le Carnaval de Paris dure beaucoup plus longtemps que le seul Mardi gras. En 1690, dans son Dictionnaire universel, couramment appelé le FuretièreAntoine Furetière écrit ces mots, qui s'appliquent également à Paris:

« CARNAVAL. s.m. Temps de réjouissance qui se compte depuis les Rois jusqu'au Carême. Les bals, les festins, les mariages, se font principalement dans le Carnaval. »

Soixante-deux ans plus tard, en 1752, l’Encyclopédie confirme, reprenant, presque à l'identique, les mots de Furetière :

« Le tems du carnaval commence le lendemain des Rois, ou le 7 de janvier, & dure jusqu'au carême. Les bals, les festins, les mariages, se font principalement dans le carnaval. »
                                      
                           Les balais chatouilleurs en papier au Carnaval de Paris 1895.
      
« — Tu t'amuses trop ! » Scène du Carnaval de Paris en 1868 vue par Honoré Daumier.
                                                  Parisiennes en Carnaval en 1869.
La période du Carnaval de Paris durait traditionnellement des mois, comme ce qui se fait encore aujourd'hui en Belgique et en Allemagne. Comme dans ces pays, à un moment-donné, son début était la Saint-Martin le 11 novembre et elle courait jusqu'aux jours gras. À quoi s'ajoutait une reprise de la fête au moment du jeudi de la Mi-Carême, à mi-chemin entre Mardi Gras et lundi de Pâques.
Vers 1900 par exemple, ce long carnaval était un temps de réjouissances, fêtes masquées, bals et festins à Paris qui durait ainsi plusieurs mois avec les temps forts des jours gras et de la Mi-Carême. Pâques étant une date mobile se déplaçant sur une plage de 35 jours, la date du mardi gras varie également ainsi que la durée de cette période de fêtes.

En 1903Le Figaro appelle « le carnaval » les seuls dimanche gras, lundi gras, mardi gras.

Le Carnaval de Paris a connu une éclipse et a été oublié durant une quarantaine d'années du début des années 1950 jusqu'à 1993. Il n'a jamais été rejeté par les Parisiens et n'a pas disparu du fait d'interdictions. Mais une fête, si belle, grande, ancienne, traditionnelle soit-elle, ne peut exister qu'en étant préparée. Quand se produisent des problèmes d'organisation, combinés qui plus est ici avec des problèmes politiques – rivalité entre la ville et le gouvernement français, – ce qui a été le cas à Paris, la fête disparaît.

Encore de nos jours un grand nombre de Parisiens ignorent qu'il existe un Carnaval de Paris. Ils ignorent également que cette fête connaissait des personnages typiques, caractérisés par leur costume et revenant chaque année, ainsi qu'un certain nombre de blagues carnavalesques traditionnelles appelées « attrappes en Carnaval ». Ces dernières furent pratiquées au moins depuis le XVIIe siècle jusqu'au XIXe siècle.

Des années 1950 jusqu'à 1993, les mots « Carnaval de Paris » cessèrent même pratiquement d'être utilisés, sauf dans des articles spécialisés et des ouvrages scientifiques à faible diffusion. Pour les Parisiens, il était possible éventuellement de fêter à Paris « Mardi Gras ». S'ils parlaient du Carnaval il s'agissait du Carnaval de Nice ou du Carnaval de Rio.

Le Carnaval de Paris a inspiré beaucoup d'artistes. Certains d'entre eux s'en sont même fait une spécialité comme le dessinateur Gavarni. Il a même lancé un jour une boutade comme quoi c'était lui qui l'avait inventé, à raison de 50 francs le dessin!

Le caricaturiste Cham a illustré le Carnaval de Paris par des centaines de caricatures et des albums entiers. Gustave Doré et Honoré Daumier ont également traité le sujet. 

Giuseppe Verdi a composé en 1853 un opéra dont l'action se déroule à Paris durant le Carnaval : La traviata. On y entend Largo al quadrupede, le chœur des bouchers promenant le Bœuf Gras.

Le tableau reproduit ici en haut à gauche est d'Édouard Manet. Il représente le célèbre bal masqué de l'opéra. Le tableau en haut à droite est de Claude Monet et montre le Carnaval boulevard des Capucines.

                     330px_Edouard_Manet_093  EDOUARD MANET

                                                          330px_Claude_Monet_009 CLAUDE MONET

Le Carnaval de Paris qui a été filmé par les frères Lumière et Georges Meliès apparaît dans des films de fiction dont un américain. Plusieurs de ces films ont pour sujet une célébrité et une légende du Carnaval de Paris : Milord l'Arsouille :

1925 – Mylord l'Arsouille, ciné-roman français de René Leprince 
1937 – Carnival in Paris (Carnaval à Paris) de Wilhelm Thiele.
1945 – Les Enfants du paradis de Marcel Carné et Jacques Prévert. Dans ce grand classique du cinéma le tournage des scènes où apparaît le Carnaval de Paris au XIXsiècle sur le boulevard du Crime a impliqué 2 000 figurants.
1955 – Milord l'Arsouille de André Haguet.
1978 – Molière de Ariane Mnouchkine. On y voit le Carnaval de Paris au XVIIe siècle.
(TOUTE LA SUITE HISTORIQUE SUR WIKIPEDIA)

 



Publicité
Commentaires
Publicité
Archives
LE BLOG DE FANFG
Publicité
Derniers commentaires
Newsletter
Publicité
Publicité