ELISABETH VIGEE LE BRUN - "LE PEINTRE DE LA REINE"
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Élisabeth Vigée Le Brun, aussi appelée Élisabeth Vigée, Élisabeth Le Brun ou Élisabeth Lebrun, née Louise-Élisabeth Vigée le 16 avril 1755 à Paris, et morte dans la même ville le 30 mars 1842, fut une artiste peintre française, considérée comme une grande portraitiste de son temps.
SELF PORTRAIT D'ELISABETH VIGEE LEBRUN
Elle a été comparée à Quentin de La Tour ou Jean-Baptiste Greuze.
Son art et sa carrière exceptionnelle en font un témoin privilégié des bouleversements de la fin du XVIIIe siècle, de la Révolution Française et de la Restauration. Fervente royaliste, elle sera successivement peintre de la cour de France, de Marie-Antoinette et de Louis XVI, du Royaume de Naples, de la Cour de l'empereur de Vienne, de l'empereur de Russie et de la Restauration. On lui connaît aussi plusieurs autoportraits, dont deux avec sa fille.
En 1770, le dauphin Louis-Auguste, futur Louis XVI, petit-fils du roi Louis XV, épouse Marie-Antoinette d'Autriche à Versailles, fille de l'impératrice Marie-Thérèse.
À la même époque, la famille Le Sèvre-Vigée s’installe rue Saint-Honoré, face au Palais-Royal, dans l'hôtel de Lubert. Louise-Élisabeth Vigée commence à réaliser des portraits de commande, mais son beau-père accapare ses revenus. Elle prend l'habitude de dresser la liste des portraits qu'elle a peints dans l'année. Ainsi, il est possible de savoir qu'en 1773, elle en a peint vingt sept. Elle commence à peindre de nombreux autoportraits.
Elle est membre de l'Académie de Saint-Luc dès 1774 - En 1775, elle offre à l’Académie royale deux portraits ; en récompense, elle reçoit une lettre signée par d'Alembert l'informant qu'elle est admise à participer aux séances publiques de l’Académie.
Elle reçoit cette même année sa première commande de la Cour du comte de Provence, le frère du roi puis, le 30 novembre 1776, Élisabeth Vigée Le Brun est admise à travailler pour la Cour de Louis XVI.
En 1778, elle devient peintre officielle de la reine et est donc appelée pour réaliser le premier portrait de la reine Marie-Antoinette d'après nature. (une vingtaine sans compter ceux des enfants)
C'est également à cette époque qu'elle peint le portrait de Antoine-Jean Gros enfant à sept ans et qu'elle ouvre une académie et enseigne.
Son hôtel particulier devient un lieu à la mode, Élisabeth Vigée Le Brun traverse une période de succès et son mari y ouvre une salle des ventes dans laquelle il vend des antiquités et des tableaux de Greuze, Fragonard, etc. Elle vend ses portraits pour 12 000 francs sur lesquels elle ne touche que 6 francs, son mari empochant le reste, comme elle le dit dans ses Souvenirs : « J'avais sur l'argent une telle insouciance, que je n'en connaissais presque pas la valeur. »
Le 12 février 1780, Élisabeth Vigée Le Brun donne naissance à sa fille Jeanne-Julie-Louise. Elle continue à peindre pendant les premières contractions et, dit-on, lâche à peine ses pinceaux pendant l’accouchement. Sa fille Julie sera le sujet de nombreux portraits. Une seconde grossesse quelques années plus tard donnera un enfant mort en bas âge.
Avant 1789, l'œuvre d'Élisabeth Vigée Le Brun est composé de portraits, genre à la mode dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, pour les clients fortunés et aristocratiques qui constituent sa clientèle. Vigée Le Brun était, au dire de sa biographe Geneviève Haroche-Bouzinac : « une belle femme, d’un abord agréable, d’une conversation enjouée, elle jouait d’un instrument, était une bonne actrice, avait des talents de société qui lui ont facilité son intégration dans les milieux mondains et un grand talent de portraitiste qui possédait l’art de flatter ses modèles… »
Pour Marc Fumaroli, l'art du portrait de Vigée Le Brun est un prolongement de l'art de la conversation des salons, où on se présente sous son meilleur jour, écoute et fait société dans un monde féminin à l'écart du bruit du monde. Les tableaux de Vigée Le Brun sont un des summums de l'art de peindre « au naturel ». - Elle écrira un court texte, Conseils pour la peinture du portrait, pour sa nièce!
Son œuvre :
La majorité de son œuvre, 660 sur 900 tableaux, est composée de portraits. La seule exception notable est son tableau La Paix ramenant l'Abondance de 1780, constituant sa pièce de réception à l'Académie royale de peinture et de sculpture, qui avait été très sévèrement critiquée par les membres de l'Académie pour ses fautes de dessin et son manque d'idéalisation.
Elle semble renoncer à ce genre pour des raisons financières. Elle utilise l'huile, ne se réservant le pastel que pour des esquisses. Elle s'inspire des anciens maîtres. Ainsi le style du Portrait de femme de Pierre Paul Rubens (1622-1625, Londres, National Gallery) se retrouve dans plusieurs de ses tableaux, dont son Autoportrait au chapeau de paille (1782-1783, Londres, National Gallery) ou sa Gabrielle Yolande Claude Martine de Polastron, duchesse de Polignac (1782, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon). On peut également retrouver l'influence de Raphaël et de sa Madonna della seggiola (1513-1514, Florence, Palazzo Pitti) dans son Autoportrait avec sa fille Julie (1789, Paris, musée du Louvre).
Élisabeth Vigée Le Brun peindra une cinquantaine d'autoportraits faisant d'elle-même son sujet de prédilection.
Un autre de ses thèmes de prédilection est la représentation de l'enfant, soit comme sujet isolé, soit en compagnie de la mère, tentant de peindre la « tendresse maternelle », surnom d'ailleurs donné à son premier autoportrait avec sa fille (Autoportrait de Madame Le Brun tenant sa fille Julie sur ses genoux, 1786, Paris, musée du Louvre). On retrouve ces mêmes tendresse et amour maternels, cette même proximité entre la mère et la fille, dans son second autoportrait avec sa fille.
ELISABETH VIGEE LE BRUN AVEC SA FILLE (LOUVRE)
Son œuvre développe un premier style avant 1789, et un second après cette date. La première partie de son œuvre est composée de portraits féminins dans le style « au naturel » propre au rococo. Elle privilégie progressivement les étoffes simples et flottantes, non empesées, les cheveux non poudrés et laissés au naturel
La seconde partie est plus sévère, le style a changé dans les portraits, mais aussi avec les paysages qui y apparaissent alors (200 environ). Sa palette devient plus sombre comparée à l'allégresse virtuose de l'œuvre pré-révolutionnaire. Si son œuvre exécuté sous l'Ancien Régime a été très commenté, apprécié ou critiqué, la seconde partie qui va de 1789 à 1842 est peu connue
Pour sa biographe Nancy Heller dans Women Artists : An Illustrated History, les meilleurs portraits de Vigée Le Brun sont autant une évocation vibrante de personnalités que l'expression d'un art de vivre qui disparaissait, alors même qu'elle peignait!!
La première rétrospective de son œuvre en France a lieu de septembre 2015 au 11 janvier 2016 au Grand Palais de Paris. Accompagnée de films, de documentaires, la peintre de Marie-Antoinette apparaît alors dans toute sa complexité.
- Rue Élisabeth-Vigée-Le-Brun, à Paris, dans le 15e arrondissement.
- Rue Élisabeth-Vigée-Le-Brun, à Saint-Malo.
- Un cratère vénusien, Vigée-Lebrun, est nommé en son honneur
- Sculpture en pied de la peintre, par Édouard (Félicien-Alexis) Pépin54 sur la façade Sud de l'hôtel de Ville de Paris, donnant sur le quai de Seine.
- Sculptures assises, présentant l'artiste au naturel, pinceaux et palette aux mains, au Musée des Beaux-arts de Angers de Georges-Ernest Saulo (1865-1945), plâtre original avec points justes pour la réalisation du marbre placée dans l'hôtel de Ville d'Angers. (TOUTE LA SUITE SUR WIKIPEDIA)
